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Une plateforme pour vous réapproprier vos données personnelles

Date de publication
8 mai 2020
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Une plateforme pour vous réapproprier vos données personnelles

La première étape du déconfinement a démarré ce 4 mai. Pour l’accompagner, nos gouvernements souhaitent « tracer » numériquement le virus.

Et, par voie de conséquence, ses « hôtes », les populations qui disposent de smartphones. Quid de la protection de nos données personnelles?

 

Et si vous créiez votre Personal Online Data Store (POD), une boite noire dans laquelle vos données seraient stockées et dont vous seul auriez la clé? 

En novembre dernier, Amnesty International avait rendu public un rapport mettant à mal le modèle d’affaire sur lequel Facebook et Google se reposent.

Une plateforme pour vous réapproprier vos données personnellesC’est la première fois que l’ONG dénonce frontalement la menace systémique d’un tel modèle économique basé sur l’exploitation des données personnelles qui selon eux “est par nature incompatible avec le droit à la vie privée et représente une menace pour toute une série d’autres droits : droits à la liberté d’opinion, d’expression et de pensée, droits à l’égalité ou encore droit à la non-discrimination.”

Un rapport qui avait fait réagir Quentin Felice et Frédéric Lebeau , co-fondateurs de la start-up wallonne DatavillageMathieu Demaré, Directeur Ecosystème Creative&Digital de Charleroi, Village Director Co.Station Charleroi, Digital Wallonia Champion, et Ruben Verborgh (photo), Professeur à l’Université de Gand et Research Associate au MIT dans une chronique publiée par La Libre Belgique.

 

Un monopole qui tue l’innovation

Outre les questions de manipulations des opinions – il suffit désormais de payer pour disposer d’un flux incroyable de données personnelles récoltées notamment par les GAFA, provenant de la moitié de la population mondiale, et d’en faire une incroyable caisse de résonance publicitaire et/ou politique auprès d’un public choisi par l’analyse de ses comportements –  ce modèle a aussi pour résultante de tuer l’innovation ou du moins le progrès.

Car le modèle économique développé par ces grandes entreprises numériques repose sur un nouveau monopole: celui où chacune de ces organisations s’assied sur un trésor, les données de ses utilisateurs.

Or, si ces bases de données étaient mises en commun en obtenant l’accord librement consenti et « éclairé » des particuliers, celles-ci pourraient constituer une vraie valeur de progrès, puisqu’elles pourraient désormais servir à mieux comprendre les individus et donc à mieux les servir.

« Imaginez, poursuivent les auteurs de la chronique, que chaque individu remette la main sur ses données de tous horizons: déplacements dans Google Maps, données financières via ses applications bancaires, de santé dans Fitbit, ou encore de consommation…

En rendant la possession et le contrôle de ses données à l’utilisateur, on lui offre la possibilité de créer une source de valeur qu’aucune organisation ne peut imaginer posséder car ne pouvant pas “croiser” leurs données entre elles, chose que seul l’individu peut légalement envisager« .

Nouveau modèle économique de la donnée durable

Si chaque individu est en possession de ses données personnelles au travers de son “jumeau numérique”, nous pouvons créer un nouveau modèle économique de la donnée durable et sain car bénéficiant à tous.

Ce bénéfice peut se matérialiser par le fait que les organisations vous récompensent pour accéder temporairement et de manière consentie à votre “jumeau numérique”, afin de lui poser des questions visant à en savoir plus sur leurs marchés et leurs consommateurs, personnaliser une expérience client, ou bien encore rechercher et innover.

Un écosystème nommé Solid

Plusieurs initiatives à l’échelle mondiale abondent dans ce sens, la plus notable étant l’écosystème nommé « Solid », créée par le père fondateur du web, Sir Tim Berners-Lee et hébergée au MIT: une initiative qui inverse le modèle sur lequel le web a été fondé et exploité à mauvais escient.

“Solid” repense la structure technique du web au travers de principes de “décentralisation” en remettant l’utilisateur, par défaut, en possession de ses données et non les fournisseurs de services comme c’est le cas à l’heure actuelle.

Datavillage en phase de tests

Dans cet esprit, avec le soutien du CETIC et de Monkey Bridge (Aéropôle de Gosselies), les créateurs de Datavillage, Quentin Felice et Frédéric Lebeau, développent une plateforme Solid gestion de donnée personnelle centrée sur l’utilisateur dont les principes pourraient parfaitement s’appliquer à un suivi des contacts « traçables » tout en respectant la vie privée des utilisateurs et l’interopérabilité des systèmes.

Votre POD, une « boite noire » dont vous avez la clé

Une plateforme pour vous réapproprier vos données personnellesUn modèle dont le professeur Ruben Verborgh (UGent et MIT) s’est fait le chantre en Belgique. « Nous entrons dans l’ère post-Big Data, explique-t-il, où les entreprises se rendent compte que la collecte de données en tant que modèle commercial est une impasse.

L’avenir se compose de nombreuses petites données liées. Les gens contrôleront où ils stockent leurs données et avec qui ils les partagent, indépendamment des applications qu’ils utilisent. Dans un tel monde, nous pouvons choisir de « dépenser » nos données sur des applications innovantes, au lieu de perdre notre temps avec ceux qui détiennent nos données en otage ».

Capture LebeauChez Datavillage, Quentin Felice et Frédéric Lebeau (photo ci-contre), sont en phase de « construction et de raffinement/validation de ces concepts ».

« En résumé, expliquent-ils, nous permettons à des organisations de « processer » des données personnelles (sans y accéder et sans devoir les gérer) et en extraire de l’information dérivée sur base d’un consentement explicite de l’utilisateur.

L’information qui en sera dérivée sera également sous le contrôle complet de l’internaute qui mettra fin quand il le souhaitera à l’accès à son POD.

D’un côté, les organisations qui utiliseront ces données sont conformes au RGPD par design (et à moindre coût) et, d’un autre côté, l’utilisateur ne partage pas ses données sensibles (géolocalisation par exemple) et garde le contrôle complet sur l’information partagée ».

Les données processées sont des « données comportementales (Behavioral data) » et les informations qui en sont dérivées sont traduites en graphes de comportements anonymisés.

 

Une plateforme pour vous réapproprier vos données personnellesQuelques exemples: ces données pourraient indiquer votre présence ou votre absence à la maison; votre profil de santé (vous faites régulièrement du sport et mangez sainement) ou un profil de conducteur indiquant si vous êtes agressif ou non, données qui pourraient intéresser vos assureurs.

Ce concept peut aussi s’appliquer à la gestion du déconfinement incrémental sans porter atteinte à la vie privée des citoyens. « On peut évaluer votre respect du confinement sur base de critères définis par les autorités, avec un degré de précision de l’ordre de 200 à 300 mètres: ne pas s’éloigner de sa maison de plus de 3 km, se rendre dans un magasin, etc . Cela permet de suivre un certain degré de confinement, y compris pour les personnes infectées » explique Quentin Felice (photo).

Notre plateforme est une « plateforme de gestion des données centrée sur l’utilisateur » (user centric data management platform) qui reprend les concepts de:

  • Semantic ETL Knowledge graph:  transformation de données brutes en graphes de données standardisés facilitant ainsi le processing;
  • Consent Ledger: gestion du consentement en consentement immuable;
  • Data cage (enclave): informatique confidentielle garantissant l’intégrité des données et le secret autour de l’algorithme du client lors du traitement;
  • Personal Data Pod : stockage de données personnelles dans un espace personnel.

On en est où?

Une plateforme pour vous réapproprier vos données personnelles« Nous avons évidement encore beaucoup de travail pour arriver à maturité sur une plateforme évolutive. Nous souhaitons arriver d’ici quelques semaines à une première version Beta fonctionnellement complète pour les premiers developers/datascientists interessés (en version gratuite full feature mais limitée à un utilisateur).

Une version qui ne sera pas encore complète au niveau de la sécurité et de la confidentialité car nous aurons encore quelques challenges à finaliser. Mais les bases seront là« .

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