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Retour sur les conférences TEDx UNamur et l’humain 2.0

Date de publication
24 février 2017
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TedxNamur

Vous connaissez les TED? Ce sont des conférences qui sont organisées pour, dixit leur slogan, « Diffuser des idées qui valent la peine ». Les meilleures conférences sont visibles gratuitement sur leur site web. A Namur, un TEDx (organisation autonome validée par les équipes TED) a été organisé ce 22 février. On y était ! Découvrez notre compte-rendu. 

Le TEDx made in Namur avait lieu pour la 2e année consécutive. La thématique abordée cette année par les différents orateurs : l’humain 2.0. Un but ambitieux : quelle est la place de l’être humain aujourd’hui face aux évolutions scientifiques et technologiques et qu’en sera-t-il demain ?

Pour tenter d’y répondre, 13 orateurs se sont succédé dans le cercle rouge de lumière, 18 minutes chacun top chrono. Découvrez notre résumé de leurs propos.

Luc Deleuze, l’architecte qui aime toucher les tomates

Luc DeleuzeLe tactile, quoi qu’on en pense, sera toujours prépondérant. Le virtuel ne peut pas encore remplacer le fait d’aller tâter sa tomate au supermarché. Le virtuel a donc ses limites : on peut commander son plat et se le faire livrer via un coursier mais ce dernier sillonnera la ville en voiture ou à vélo. Raison pour laquelle, même si le monde évolue, même si nous rêvons à des villes de demain qui seront sensationnelles entourées de lacs et de forêts, pour les construire, nous devons les intégrer à nos habitations actuelles.

Luc Deleuze (artbuild) insiste aussi sur le besoin d’avoir des lieux d’identification collective comme la Place de la Bourse à Bruxelles ou la Place de la République à Paris. Les humains aiment se regrouper, naturellement, sur un lieu qui fait « sens ». La force du virtuel? Savoir mobiliser en 1h, en ligne, des milliers de personnes sur un évènement physique et réel comme un festival de musique ou encore un match de foot.

Romain Gauthier, l’entrepreneur qui responsabilise les enfants

Romain GauthierCréer une école qui regrouperait des enfants de 3 à 18 ans sans classe, sans note et sans programme. Utopiste ? Impensable ? Eh bien non, ça existe déjà en Wallonie et à Gembloux plus précisément : l’école démocratique de l’Orneau a ouvert ses portes en septembre 2016 avec 20 jeunes prêts à conquérir le monde.

Concrètement, les enfants peuvent arriver jusque 9h30 à l’école. Ils choisissent le programme qu’ils veulent suivre : construire un robot, jardiner, jouer, créer un partenariat avec le centre d’équitation du coin…

Les enfants vont apprendre à apprendre. Le professeur est un modèle, un facilitateur qui aide l’enfant à chercher et trouver ce qui l’intéresse car l’enthousiasme est un moteur de développement du cerveau.

Une école qui se veut aussi un apprentissage de la citoyenneté avec des conseils d’ajustement quotidiens qui permettent le « bien vivre ensemble ». Co-gestion, autonomie, auto-évaluation, responsabilisation : un vaste programme pour cette « nouvelle » école. On a hâte de découvrir leurs résultats après une ou deux années de fonctionnement.

Régis Falque, le professeur qui fait exploser le taux de réussite scolaire

école libéréeSon constat est simple : les bancs et le tableau noir n’ont pas évolué depuis des années. Les classes ont toujours le même environnement avec leurs 4 murs, le chauffage qui fonctionne en été et pas en hiver et les rideaux abimés. En changeant et en améliorant l’environnement de sa classe, il a motivé ses élèves à venir et même rester en classe. Et alors ? Il observe un taux de réussite qui explose.

Un environnement agréable visuellement est réellement porteur de réussite, dans l’entreprise également.

L’environnement peut également se retrouver dans les connexions à effectuer avec ses « voisins ». Pourquoi ne pas implanter des coworkings dans les lieux d’apprentissage ? Et imaginer un créateur de start-up testant son concept auprès d’un étudiant, tout naturellement.

L’humain 2.0 dans tout cela ? Il est libéré. L’école était basée sur un mode industriel ou chacun donnait son cours de manière cloisonnée. Le numérique a tout chamboulé et l’école, par contre, ne réplique pas encore assez rapidement ce modèle d’apprentissage.

Fouad Ben Abdel Kader, le sage de Molenbeek

Effaré par certaines vidéos que les jeunes de son quartier viennent lui montrer, cet éducateur s’interroge sur nos consciences et nos comportements car nous sommes des modèles pour ces jeunes. « Comment pouvons-nous à ce point évoluer dans tous les domaines, surtout technologiques, sans évoluer humainement ? » « Si on fait évoluer ce qu’il y a tout autour de nous, nous devons évoluer en même temps au risque de voir nos robots nous guider ».

Et de terminer par citer Malraux : »Le 21e siècle sera spirituel ou ne sera pas ».

Olivier Vanderhaeghen, le philosophe qui aimerait que l’on prenne notre réalité pour notre désir

Olivier VanderhaeghenFonctionnaire de prévention, cet historien et philosophe s’est investi dans les questions liées au radicalisme sans pour autant se déclarer expert : « Je ne suis pas expert en angoisse publique ».

Dans un monde si connecté, il s’interroge sur les jeunes qui veulent échapper au présent et fuir leur destin. Le révisionnisme instantané des faits objectifs permet au réel et à son double d’exister. A défaut d’être écouté et entendu dans le monde réel, la théorie du complot permet de s’éloigner du monde subi afin d’entrer dans une réalité fantasmée. Certaines personnes sont alors prêtes à tout (et au pire souvent) pour être entendues.

A l’heure où les jeunes se socialisent par le monde virtuel, il reste à espérer une crise de lucidité sur le monde réel et d’avoir l’envie de prendre notre réalité pour notre désir.

Géraldine Mathieu, la docteur qui fait son shopping de sperme

Geraldine Mathieu TedxUNamurDans quelques années, seuls les pauvres se reproduiront comme nous le faisons actuellement. Les riches achèteront leur sperme en ligne et pourront choisir « la crème de la crème » pour leur progéniture. Yeux verts, cheveux bruns, garçon, de père sportif et non fumeur.

Et pourtant la perfection ne sera jamais atteinte. Tant mieux peut-être car ce qui nous rend humain, c’est le hasard, la vulnérabilité ou les failles.

Ce constat, son constat, se veut alarmant mais il est pourtant déjà bien réel, les banques de sperme ont un business rentable.

Cette Maitre de conférences se questionne sur le progrès de la science qui ne rime pas toujours avec le progrès de l’humanité. Est-ce de l’indifférence ou de l’ignorance que personne ne s’alarme sur ce juteux commerce ? A quoi l’homme doit-il s’habituer?

Nora Gaspard, l’humaniste acharnée

Cette auteure et blogueuse s’interroge sur le sexe et la pornographie. Si on remonte une dizaine d’années en arrière, l’apprentissage de la sexualité se limitait à l’appareil reproducteur et les maladies sexuellement transmissibles. Aujourd’hui, le 1er contact des jeunes avec le sexe, c’est via Google.

Et que trouvent-ils quand ils tapent « sexe » dans Google ? De la pornographie. Arriver sur « YouPorn » c’est avoir une image de la femme qui se résume à un choix entre « Gros seins », « Asiatiques »… on choisit « la femme idéale ».

En 2015, l’âge moyen du 1er porno regardé était de 12 ans. Et pour 1 jeune sur 3, il était difficile de différencier le porno de la réalité.

Quelle image du plaisir voulons-nous donner aux jeunes de 12 ans, quelle éducation sexuelle ? « Il est urgent de remettre de la beauté dans notre sexualité et du plaisir dans l’humain ».

Gabriel Dorthe, le doctorant transhumaniste

Oscar PistoriusLe transhumanisme, malgré ses définitions contradictoires, pourrait se définir comme l’amélioration de la condition humaine grâce à la technologie.

Le transhumanisme commence à se faire connaitre avec les cyborgs « On voulait implanter des dispositifs techniques dans le corps ».

Oscar Pistorius (athlète amputé des genoux et courant avec des prothèses) a aussi provoqué le débat sur ses performances. De nombreuses questions ont surgi. Pour Gabriel Dorthe, il ne faut pas demander des réponses d’urgence mais se demander comment enrichir les questions.

Yann Marussich, l’artiste performeur qui veut savoir comment vous allez mourir

Yann Marussich TedxSa dernière performance est dans la rue : il se promène en costume blanc (Blanc 2015) et vous propose d’écrire la manière dont vous voudriez mourir.

Cette mort, c’est de près qu’il la touche lors de ses autres performances. Comme quand il est recouvert de bris de verre dans une baignoire ou encore attaché à des fils de nylon.

Resté de nombreuses années dans le mouvement en tant que danseur, il a cherché à prendre le contre-pied en travaillant sur l’immobilité : c’est comme ça qu’il est resté immobile des heures durant en pleurant « bleu ». Travail, entrainement, collaboration avec des biochimistes : toute cette préparation sert la performance.

Des prestations qui ne laissent pas l’humain 2.0 indifférent : « La performance dans la baignoire de verre dure 2h, j’offre du temps et des émotions profondes aux gens ».

Hugues Bersini, le professeur d’informatique qui alarme sur 2030

voiture autonomeEn 2030, nous monterons dans notre voiture autonome, le code de la route aura disparu car les voitures seront connectées entre elles et toute notre vie sera dirigée par le monde informatique et les robots. Les guerres se passeront entre chiens robots. Cette vision est un peu noire et triste. D’un autre côté, on peut regarder le verre à moitié plein et s’émerveiller des prouesses de l’informatique: comme quand un ordinateur est capable de gagner au poker, aux échecs ou de sauver des vies.

Les solutions informatiques pourraient résoudre bien des problèmes mais il faudrait accepter de confier nos existences à des algorithmes. Le prix à payer est donc de cadenasser certaines de nos libertés pour l’enjeu sociétal. « Souhaitons-nous une dictature numérique ? Il est urgent de se poser la question et d’y répondre ».

Steven Laureys, ce médecin qui veut maintenir des vies pour entrevoir des sourires

Steven Laureys TEDXUNAMUREn travaillant sur les comas de ses patients, Steven Laureys a pu analyser le cas de Loris. Loris a survécu à un crash mais est resté dans un état végétatif. Ses parents ont accepté que différents tests soient effectués sur leur enfant. C’est ainsi que le cerveau a pu être analysé. Même si les connexions semblent faibles, elles sont encore existantes et stimulées après la prise de glucose par exemple. Cette recherche a prouvé la nécessité d’administrer des anti-douleurs car, oui, il y a toujours un humain qui ressent des sensations dans ce corps.

En stimulant certaines parties du cerveau, son équipe (ULG) a pu réussir à faire progresser l’état de Loris (des mouvements par exemple). Des tests ont été effectués à plus grande échelle sur une centaine de patients et la stimulation cérébrale a prouvé son utilité.

Alors, que devons-nous faire quand l’humain ne semble plus répondre ? Pour lui, la réponse a été claire en voyant le sourire de Loris en réponse à la question « Es-tu heureux ».

Véronique Dehant, l’académicienne qui irait bien vivre sur Mars

Mars, c’est sa planète préférée. L’humain pourrait y habiter car cette planète se trouve (en partie, tout comme la planète Vénus) dans une zone d’habitabilité. Il s’agit d’une zone théorique où l’eau peut rester liquide à la surface d’une planète et où les conditions physiques (eau, énergie, nutriments) sont donc compatibles avec l’existence de la vie.

Hasard du calendrier (ou pas), cette présentation arrive simultanément à l’annonce de la découverte de 7 exoplanètes dans cette zone d’habitabilité. Autant vous dire que les centaines de personnes présentes dans la salle devaient bien mieux comprendre l’intérêt de cette découverte. Et cocorico, il s’agit d’une découverte réalisée par des chercheurs de l’ULG !

Idriss Aberkane, le chercheur qui donne des prix Nobel à la nature

Idriss Aberkane TedxUnamurLa nature est le meilleur économiste sur terre car elle sait créer de la richesse. Et pourtant, ce que l’on en fait est désastreux. Prenons l’exemple de la seiche: dans certains endroits du monde, on en vend juste le coquillage 3 dollars sur des marchés. « C’est un peu comme si on vendait une coquille d’huitre et qu’on en jetait la perle ». Le système de camouflage de la seiche inspire pourtant les développeurs d’écrans.

Autre exemple de biomimétisme (imitation de la nature pour résoudre des problèmes complexes humains) : la Tour Eiffel est plus légère que le cylindre d’air qui s’y trouve à l’intérieur. L’architecte s’était inspiré des os humains.

Nature et industrie ne seraient pas à associer ? Il faudrait choisir ? C’est une erreur. Inspirons-nous de la connaissance et de la richesse de la nature. Travaillons avec elle et non contre elle. Une maison avec vue sur parc  se vend mieux qu’une maison avec vue sur parking : la nature peut avoir son intérêt économique.

Idriss Aberkane a répondu à quelques-unes de nos questions après l’évènement. Découvrez sa réponse à la question « Que doivent changer les entreprises ».

Florence HainautLa conclusion de la journaliste Florence Hainaut, celle qui joue des maux avec les mots pour un monde plus beau

« Remettons plus d’humain dans le 2.0 car s’il est capable du pire, il est aussi capable du meilleur ».

 

Retrouvez les informations sur ces différents speakers et la suite des informations via la page TEDxUNamur.

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