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20 robots au chevet du Patient Numérique dès 2017

Date de publication
10 février 2017
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patient numérique

Le Patient Numérique bouleverse la gestion des hôpitaux. Big data, IoT, fabrication 3D et médecine personnalisée renversent leurs relations aux patients.

Technologiquement, les hôpitaux belges sont « complétement dépassés » par la révolution numérique. « Ils sont terrorisés par l’idée d’implanter seuls ces nouvelles technologies qui bouleversent radicalement la gestion de l’hôpital, explique le Professeur Thierry Vermeeren. Ils sont également incapables de comprendre que l’innovation n’est plus forcément dédiée aux médecins mais qu’elle révolutionne le sort du patient et sa relation avec le monde médical ».

On est dans un monde où le stéthoscope a mis un siècle pour être adopté par les praticiens et où la pénicilline n’a été introduite pour des thérapies qu’au début de la seconde guerre mondiale

patioent numériqueThierry Vermeeren est titulaire d’un doctorat en Philosophie et Lettres et est actif dans le secteur des TIC depuis plus de 15 ans. Il a été professeur en gouvernance informatique à la faculté informatique des Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix (FUNDP, aujourd’hui UNAMUR) à Namur et a enseigné ailleurs en Europe, mais aussi aux USA et au Canada. Son activité la plus importante reste la gestion de la technologie et le conseil en gouvernance informatique.

Directeur IT du Forem depuis 1999, Thierry Vermeeren a quitté ce poste en 2008 et a créé sa propre société de consultance, OZ Consulting, spécialisée en gouvernance et leadership IT. Il s’est principalement concentré sur le secteur HealthCare avec une expérience dans les meilleurs hôpitaux de toute la Belgique.

Le Patient Numérique : une communauté des hôpitaux belges leaders en IT médicale

Depuis juillet 2013, il préside aux destinées du Patient Numérique, une association dont le comité scientifique est placé sous la présidence du Professeur Philippe Kolh. Ce dernier est également vice-président du patient numérique. Chirurgien cardiovasculaire et Président du Département de la Gestion des Services d’Information du CHU de Liège, le prof. Philippe Kolh est également Chargé de Cours en Biochimie et Physiologie Humaines, normales et pathologiques, à l’Université de Liège.patient numérique

Le Patient Numérique est une communauté réunissant les hôpitaux belges leaders en IT médicale qui s’adresse à tous les professionnels des soins de santé qui souhaitent mieux intégrer les technologies dans leur pratique professionnelle. Une communauté qui est à l’origine de différentes initiatives d’échange, de partage et de formation sous la supervision d’un Comité scientifique issus du monde hospitalier et universitaire. « Le besoin de poursuivre les échanges, d’en élaborer le format et d’en formaliser les délivrables nous a menés à mettre en outre sur pieds une plateforme continue d’échange sous la forme d’un groupe d’utilisateur ou user.net » poursuit Thierry Vermeeren.

User.net: une communauté dédiée aux innovations technologiques pour les professionnels de la médecine

Le « User.net Patient Numérique » s’adresse à tous les professionnels des soins de santé qui souhaitent mieux intégrer les technologies dans leur pratique professionnelle. Le réseau compte aujourd’hui 25 hôpitaux membres ainsi que 4 partenaires industriels.
User.net veut constituer une communauté pour les praticiens métiers et professionnels de l’informatique ou de la gestion de l’information.  Cette communauté veut utiliser les multiples facettes des technologies comme un levier de progrès et de changement dans le secteur des soins de santé par le biais de la mise en réseau des acteurs, de l’éducation, du partage d’expériences et de la mutualisation sur le modèle du logiciel libre.

Le « magicien d’Oz » du Patient Numérique

Patient Numérique, User.net et OZ consulting sont devenus des références internationales dans la mise en place des applications médicales à destination des patients. Les équipes d’OZ consulting ont effectué des missions en France, au Grand-Duché du Luxembourg ou aux États-Unis.  Mais globalement, et les benchmarks effectués notamment au travers du patient numérique et de user.net le confirment : les problèmes sont les mêmes partout. patient numérique« Les directions médicales s’enfuient dès qu’elles entendent parler des technologies numériques. Il a donc fallu faire passer des messages aux différents acteurs du réseau de soins (les universités qui sont en première ligne mais aussi les hôpitaux, les maisons médicales, les professions paramédicales ou encore les réseaux d’infirmières à domicile).

C’est la raison d’être des séminaires annuels organisés par Patient Numérique (le prochain aura lieu en mars 2017 et concerne les regroupements hospitaliers), de la trentaine de livres blancs édités à ce jour et des Master Class (EM2C – Executive Master in Medical Computer) – un master sur 18 mois – créées à destination des profils à haut potentiel. Car le Patient Numérique, c’est aussi la réponse des autorités aux bouleversements que connaissent les soins de santé: fusions entre hôpitaux, organisation en bassins de soins, modification des référentiels et des modalités de tarification, montée en puissance de l’autonomie du patient…

Implémenter un ERP et le dossier informatisé du patient

« La problématique que nous rencontrons aujourd’hui, explique le Dr Thierry Vermeeren, est celle du dossier informatisé du patient. A cause du chaos informatique que cela génère dans nos hôpitaux. Dans la plupart des cas, le plan d’implantation informatique n’avait pas été correctement défini: il était donc difficile d’y travailler tout de suite de manière efficace. Il a fallu y remettre de l’ordre. logicielsD’autant que les hôpitaux ont chacun atteint un degré de maturité différent. On nous demande de les aider à passer le cap, ce qui réclame une transformation de la situation chaotique du départ, avec une stratégie et une vision. Ne fut-ce que dans le cas de la mise en oeuvre logicielle d’un ERP (pour l’administratif) et des données patients.

Dans les hôpitaux, il existe pléthore de logiciels spécialisés (du quartier opératoire à la pharmacie, en passant par le laboratoire). Un hôpital bien organisé en utilise une centaine. Hélas, en moyenne, on en trouve entre 200 et 250. Il faudra bien faire un tri. Ce qui nécessite l’existence d’un cahier des charges, d’une vraie gestion de projet et d’une gestion du changement ».

Le secteur médical est en effet en pleine transformation numérique. « On est à une période charnière. Les médecins sont des gens intelligents mais face à ces technologies transverses, ils craignent qu’on utilise leurs métiers et qu’on les remplace. Ils prennent ces innovations comme une agression, comme une main-mise sur leur savoir ». Le professeur Philippe Couke (CHU de Liège, Université de Liège) prophétise: « dans 15 ans, les médecins ne feront plus de diagnostic ». Ce seront des robots…

La révolution technologique va se poursuivre

Thierry Vermeeren connait particulièrement bien le monde hospitalier et ses diverses entités. L’homme, qui n’est ni médecin, ni informaticien, maîtrise par contre parfaitement les défis de l’entropie médicale (mesure de la transformation et tendance à prendre le sens d’évolution) et les enjeux conceptuels de la fusion de la médecine et des nouvelles technologies, notamment numériques.

Formé au management technologique à l’INSEAD, la plus grande business school installée à Fontainebleau et à Singapour, il connaît le monde de l’informatique pour avoir été le responsable des achats informatiques du Forem durant 15 ans. « Je ne suis pas un ingénieur mais d’un point de vue conceptuel, je comprends très bien le fonctionnement  de l’informatique. Je maîtrise les concepts, les interactions. D’un point de vue médical, lorsque j’ai commencé, je n’ai évidemment pas dit ce qu’il fallait faire. Je me suis assis dans des hôpitaux, durant plusieurs mois, et j’ai regardé, j’ai appris ».

Des connaissances qui lui ont permis de prendre de la hauteur et de pressentir comment s’articulerait le Patient Numérique dans les hôpitaux d’aujourd’hui. « Quand j’ai commencé à en parler, personne n’imaginait même ce que pourrait être le Patient Numérique ».

Patient Numérique: on est à l’aube de nouveaux mondes

Or, le Patient Numérique, ce n’est que la pointe de l’iceberg qui va frapper le monde médical et celui des soins médicaux. On est à l’aube de nouveaux mondes. L’impression 3D par exemple a fait son entrée dans les salles d’opération. Mais ce n’est que le début: « demain, on imprimera votre os sur base de votre carte d’identité génomique, on imprimera votre peau. Dans dix ans, ce sera au tour de vos organes. patient numériqueEt puis on imprimera des génériques pour une médecine encore plus personnalisée.

Cela pose des questions. Car, du coup, cela va modifier le circuit de distribution des médicaments. Qui aura la maîtrise de cette impression? Google ou Pfizer? Qui va générer la prescription médicale? Et sur base de celle-ci, le médicament pourrait être imprimé dans l’officine pharmaceutique ou dans la pharmacie de l’hôpital. Qui sera autorisé à le faire? C’est de ce genre de révolutions dont on parle. Des révolutions qui bien sûr vont bouleverser le quotidien des médecins. Or, ceux qui enseignent la médecine aux élèves des facultés d’aujourd’hui n’ont pas été formés à ces nouvelles technologies. On est tout de même dans un monde où le stéthoscope a mis un siècle pour être adopté par les praticiens et où la pénicilline n’a été introduite pour des thérapies qu’au début de la seconde guerre mondiale ».

Le patient et son traitement vont également changer. Il est d’ores et déjà de mieux en mieux informé: même en-dehors des explications du seul médecin puisque grâce à internet, il s’éduque lui-même. Le patient vit déjà de plus en plus vieux et cela ne va pas s’arrêter. Il souffrira de moins en moins de maladies aiguës et de plus en plus de maladies chroniques. Du coup, la médecine prédictive, grâce au Big Data (traitement des données recueillies par l’ensemble de la communauté scientifique, imagerie médicale, etc), pourra devenir la norme. L’intelligence artificielle devrait pouvoir rapidement poser un pré-diagnostic. Quant à la médecine personnalisée, elle va constituer un progrès considérable pour les malades puisqu’elle contribue à donner « le bon traitement au bon patient et au bon moment ». On peut comprendre que le médecin ait le tournis. « Tout ce qu’on lui a appris est remis en question ».

500 robots dans trois ans dans une vingtaine d’hôpitaux

Des innovations dont on aura compris qu’elles se focalisent davantage autour du patient. C’est la grande solitude de celui-ci qui devrait être résorbée par l’irruption de la robotique dans le monde médical. Parce que le personnel médical se fait de plus en plus rare dans certains services et à certains endroits, le patient se retrouve souvent seul. « Il y a des services à la société qui ne sont plus rendus ». patient numérique

Durant le premier semestre 2017, une vingtaine de robots vont faire leur apparition au Grand Hôpital de Charleroi. C’est une première en Belgique. Ces robots Pepper travailleront à la clinique du dos, en revalidation post-opératoire. Ce compagnon numérique va faire appliquer les exercices recommandés aux patients lorsqu’ils seront rentrés à domicile. Ceux-ci seront contrôlés par les robots, lesquels renverront l’information vers le médecin qui, en fonction des résultats, pourrait proposer un nouveau protocole d’exercices.

D’autres robots suivront au service d’oncologie de l’hôpital de la Citadelle, à Liège. Au total, dans les trois ans, ce ne sont pas moins de 500 robots Pepper qui arriveront au sein des hôpitaux partenaires du patient numérique et de user.net. Un vrai projet industriel et des compagnons numériques qui soutiendront les patients à l’hôpital mais aussi chez eux.

Affaire à suivre…

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