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Sébastien Ryhon pilote la transition énergétique de vos entreprises

Date de publication
30 mars 2018
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Sébastien Ryhon

Co et trigénération, biométhanisation, centrales photovoltaïques : ses innovations prennent place dans les industries, le gros tertiaire et l’immobilier.

Ceux qui pensent que ce n’est pas possible sont priés de laisser travailler ceux qui essaient

Que pourraient avoir en commun la laiterie de Walhorn, la nouvelle centrale électrique citoyenne d’Ochain, Liège Airport, Cora, la STIB, le CHU de Dinant Godinne, le grand Hôpital de Charleroi, AGC, AVEVE, Ferrero ou Prayon ? Un intérêt particulier pour l’optimisation de leurs coûts énergétiques en faisant la part belle à la production d’énergie haute performance, aux innovations couvrant l’ensemble des modèles de la transition énergétique (co et trigénération, biométhanisation, centrales photovoltaïques, biomasse, …) et aux stratégies d’achats et de vente d’énergie.

Et derrière ces stratégies, d’avoir fait le choix d’un acteur à peu près unique en son genre : Coretec Energy. Globalement, « on est un gestionnaire de risques dans le domaine de l’énergie. Et on peut le faire parce qu’on a une visibilité sur l’ensemble des métiers nécessaires au bon fonctionnement de nos produits et services ».

Sébastien RyhonEn 15 ans, cette entreprise créée par Sébastien Ryhon (2e à partir de la gauche) et Thierry Carrette et soutenue notamment par Laurent Minguet et Meusinvest a déjà à son actif l’installation de… 78 centrales de cogénération. Pour qui ? Pour des industriels, à raison de 70%, le solde étant réalisé pour du gros tertiaire (maison de repos, hôpitaux…) et de la promotion immobilière. On en retrouve notamment chez Alstom, Lactalis, Lambiotte et quatre unités chez Cora. « Chez ces derniers, on a déployé tous les services de Coretec : gestion d’achat d’énergie, photovoltaïque, éclairage LED, cogénération ».

Sébastien RyhonSébastien Ryhon, ingénieur civil électromécanicien (orientation énergie, Ulg 1997), a toujours voulu être ingénieur. Même si cela faisait bien rire ses professeurs de l’époque – comme quoi, on peut être un bon professeur et ne pas toujours être capable de déceler les talents – qui ne voyaient en lui qu’un bon manuel tout juste capable de travailler le bois.

« On voulait m’orienter vers une filière technique, explique Sébastien Ryhon. Je n’ai rien contre, loin de là: mon grand-père était menuisier. Mais ce qui me passionnait vraiment, c’était la compréhension intime des phénomènes techniques. J’ai passé toute ma jeunesse à tout démonter pour comprendre comment cela fonctionnait ».

Heureusement qu’il a tenu bon. Lorsqu’il sort de l’université avec « grande distinction », il fait ses premières classes chez Techspace Aero. « Durant 5 ans, j’ai développé des projets, notamment à l’étranger. A Cincinnati, durant un an, j’ai participé au développement d’un nouveau moteur. Mais dans cette formidable boite, j’ai aussi appris ce que c’était qu’une véritable entreprise, son fonctionnement interne et ses interactions avec l’extérieur. Bref, tout ce que je n’avais pas appris à l’université et qu’il faut impérativement connaître avant de créer sa propre entreprise.

Un bon pied à l’étrier. « J’avais atteint un bon niveau de maturité professionnelle chez Safran, explique-t-il et j’ai toujours voulu être entrepreneur ». En juillet 2004, il franchit le pas et, avec un autre ingénieur liégeois, Thierry Carrette, il crée Coretec Engineering. Objectif ? Mettre en place des solutions d’économies d’énergie. En 2008, Pierre-Yves Dozo rejoint l’aventure et y développe l’activité de gestion des achats d’énergie, sous le nom de Coretec Invoicing. Les années passent et le portefeuille de services ainsi que le nombre de référence s’étendent. En 2015, les différentes activités de la société se restructurent sous un seul et même nom: Coretec Energy, tout en se développant à l’international.

Coretec Energy: 5 métiers

D’un chiffre d’affaires de 1.000.000 € en 2006, Coretec Energy est passé à 12.000.000 € en 2012 pour atteindre en 2016, le chiffre de 25.000.000 €. L’entreprise, qui dispose depuis 5 ans de ses propres installations dans le parc scientifique du Sart-Tilman après avoir été « incubée » durant 9 ans par le WSL, a segmenté ses activités en cinq métiers : « nous étudions, finançons, implémentons et réalisons la maintenance de solutions complètes de production d’énergie haute performance, explique Sébastien Ryhon, avec des solutions d’heat recovery, cogeneration, photovoltaïc, biomasse, power plant et LED. Ces solutions sont développées par les départements Engineering, Maintenance et Services.

En matière de financement, soyons prudents. « Nous ne sommes pas des tiers investisseurs, précise M. Ryhon. Mais lorsqu’un projet en vaut la peine et qu’il lui manque une part du budget pour aller plus loin, nous sommes prêts à le financer partiellement ou totalement ».

« Les deux derniers départements – Invoicing et Trading – constituent une part importante de notre métier : on parle ici de l’étude, l’implémentation et le contrôle des stratégies d’achats et de ventes d’énergie (électricité et gaz).

Enfin, un dernier pole – Services – vient coiffer l’ensemble des services. Histoire de donner de la cohérence et le sens du « corporate » à l’ensemble ».

Coretec Energy: une sacrée réussite wallonne

Sébastien RyhonL’entreprise de Sébastien Ryhon, qui emploie 54 personnes, parmi lesquels 24 ingénieurs, affiche un taux de croissance de l’ordre de 20% l’an. « La moitié du chiffre est toujours réalisé grâce à nos développements techniques mais la croissance aujourd’hui est assurée par la gestion des achats d’énergies, même si l’engineering, en baisse ces dernières années, a retrouvé des couleurs ».

Une entreprise incontournable dans notre région. « Plus de 11% des projets de production d’énergie durable et plus de 8% de l’énergie des professionnels en Wallonie sont respectivement conçus et gérés par Coretec. »

Comment a évolué votre métier ?

Sébastien Ryhon« Mon métier, bien sûr, c’est la technique. C’est mon objectif, ma motivation. Mais au fur et à mesure de la croissance du groupe, la technique n’occupe malheureusement plus la partie principale de mon emploi du temps. L’excellence technique étant au cœur de notre métier, je dois par contre rester « aiguisé » sur le sujet.

Le secteur de l’énergie, actuellement en pleine mutation, recèle de belles opportunités mais également de nombreux risques qu’il faut pouvoir appréhender. Pour se développer, nous avons besoin d’un cadre politique et législatif qui définit les tendances à long terme et qui s’y tient. C’est fondamental si nous voulons créer de la valeur ajoutée solide dans nos régions ».

Sébastien RyhonDe ce point de vue, le pacte énergétique interfédéral pour 2030 et 2050 lui parait aller dans la bonne voie.

L’évolution de son métier, ce sera aussi de répondre à la prise de conscience mondiale et européenne de la fin annoncée des énergies pétrolières et nucléaires.

Mais, plus prosaïquement, l’évolution de son métier, c’est encore de manager le groupe Coretec Energy et de le développer. « J’ai de l’ambition pour mon actionnariat, pour mon personnel, pour mes clients. On dit toujours que le client est roi. Mes actionnaires et mon personnel le sont aussi ».

Comment conservez-vous un état d’esprit innovant ?

« On travaille sous le format de l’entreprise matricielle, en interne et en externe. On fait de la cross-innovation. En interne, tout le monde se complète parce que tout le monde se parle. La ventilation des métiers nous a permis de structurer cette démarche. Cela prend beaucoup de temps mais cela nous permet de limiter les dérives.

Et puis, une entreprise matricielle, est très liée à son écosystème : cet ensemble d’entreprises et d’acteurs économiques est associé pour la réalisation de projets communs. On développe ainsi des projets de recherche européens mais aussi des partenariats avec des entreprises capables d’industrialiser nos projets pilotes et de valider leur adaptation au marché. Et on combine, chez des clients, des solutions existantes, validées chacune séparément. On développe par exemple la combinaison d’une unité de cogénération avec une chaudière vapeur.

Quel a été votre dernier défi technologique ?

Il est toujours en cours. On s’est lancé il y a 6 ans dans le développement d’une centrale de cogénération alimentée en bois B en partenariat avec les sociétés IMG et SEOS. Une sorte de cercle vertueux. Pourquoi, en effet, ne pas se servir des gisements de déchets ultimes de bois qui représentent des centaines de millier de tonnes en Europe pour produire de l’énergie ?

On a choisi les bois de classe B (bois faiblement traités), qui rassemblent les panneaux, les bois d’ameublement, les bois de démolition exempts de gravats, les résidus d’exploitation forestière (souches, grumes etc.). On pensait que le projet serait 100% opérationnel deux ans plus tard. On est aujourd’hui toujours en phase d’optimisation, 6 ans plus tard.

Développer une expertise dans le secteur de valorisation des déchets industriels est excessivement difficile et coûteux mais apportera dans les années à venir, une sérieuse longueur d’avance, j’en suis certain ! .

Votre meilleure décision professionnelle ?

La mise en place de notre nouvelle organisation. Chacun peut aujourd’hui se concentrer sur son core business tout en bénéficiant des services partagés du groupe et ainsi optimiser ses coûts. Cette nouvelle organisation nous rend très compétitif et agile, qualités indispensables dans un monde en perpétuelle évolution et où l’offre dépasse la demande dans de nombreux secteurs.

Et la pire ?

Globalement, un manque de maîtrise des risques. En tous cas, sur quelques projets spécifiques.

Votre phrase préférée ?

Elle est affichée sur la porte de mon bureau : « ceux qui pensent que ce n’est pas possible sont priés de laisser travailler ceux qui essaient ».

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