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Serge Pampfer, le coach de la biotechnologie wallonne

Date de publication
20 avril 2017
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Serge Pamfer

Chercheur, manager dans le domaine des sciences du vivant, Serge Pampfer est depuis 10 ans à la tête de Wallonia Biotech Coaching.

Les sciences du vivant, ou sciences biologiques, sont celles qui s’intéressent à l’étude de la vie et de ses processus, depuis l’origine jusqu’aux propriétés en passant par l’évolution des êtres vivants. Les sciences du vivant, Serge Pampfer est tombé dedans lorsqu’il était enfant. Une forme de vocation, comme certains rêvent de devenir pompier, pilote de formule 1 ou chanteur de rock.

Je ne suis pas partisan des systèmes imposés qui vont trop souvent à l’encontre de la créativité et de l’inventivité. Mais être un rebelle ne signifie pas qu’on ne soit pas responsable.

Sa passion pour les sciences du vivant est née très tôt et s’est développée, notamment, à travers des clubs d’archéologie et des rencontres avec des professeurs éminents en paléontologie. C’est ainsi que s’est mise en place une envie très précoce de fouiller, d’émettre des hypothèses et de chercher à les vérifier. Passionné par les mécanismes biologiques qui régulent le développement d’une grossesse, et notamment les interactions entre l’embryon et le corps maternel, c’est cette fascination pour le début de la vie qui l’a amené vers une carrière de scientifique. Est-ce dès lors un hasard si aujourd’hui son métier consiste à accompagner les débuts de vie de sociétés biotechnologiques ?

Serge Pampfer: à la croisée des sciences et des arts !

Serge PampferBiologiste cellulaire et moléculaire de formation, Serge Pampfer a défendu sa thèse à l’Université Catholique de Louvain (UCL) après avoir également étudié à l’Université d’Essen, en Allemagne, où il profita des premiers formats de bourses européennes pour les étudiants. Il est ensuite parti à l’Albert Einstein College of Medicine de New York pour y effectuer un post-doctorat en biologie moléculaire avant de décrocher le statut de Maître de Recherche au FNRS.

Son arrivée à la tête de WBC (Wallonia Biotech Coaching) a été précédée de plusieurs expériences de terrain. Serge Pampfer a transité, notamment, par Berlin, en tant que Directeur Scientifique d’une start-up spécialisée dans le diagnostic de l’endométriose. Et par Bruxelles où il a endossé le costume de Directeur Opérationnel d’une spin-off active dans la thérapie cellulaire contre le diabète. Ces deux étapes lui ont permis de se forger une expérience dans l’entrepreneuriat et la gestion humaine et financière.

Un homme de sciences donc… mais pas seulement car il est difficile de résumer le personnage à une seule facette. Actif également dans le monde artistique, il est à la tête d’une petite maison d’édition de livres et tient un blog consacré aux artistes. Par le biais de ces deux médias, son objectif est de partager avec le public la démarche et la motivation d’artistes de disciplines alternatives ou underground encore trop souvent méconnues ou mal comprises.

Serge PampferHomme de sciences, homme d’art… deux univers pas aussi éloignés qu’on pourrait le croire. « Il y a un va-et-vient étonnant entre les deux univers » confie Serge Pampfer, «les démarches artistique et scientifique sont finalement très proches. D’un côté les sciences sont souvent présentes dans les arts que ce soit au niveau sonore ou visuel, d’un autre côté les artistes aussi cherchent à émettre des hypothèses et à les confronter au monde. Ces deux démarches nécessitent chacune une forme exacerbée de créativité et d’inventivité, et il y a un réel aspect expérimental dans les deux univers. D’ailleurs, il y a de plus en plus d’évènements articulés autour du thème Art meets Science et je suis convaincu que ces deux univers peuvent s’enrichir mutuellement ». Serge Pampfer a donc développé une sensibilité double qu’il juge désormais très utile aux différents métiers qui remplissent son existence, une hybridation qui lui permet de faire le lien entre deux mondes.

Logo WBCDe par son passé, Serge Pampfer dispose donc d’une bonne maîtrise des enjeux fondamentalement différents du secteur académique, qui reposent sur la richesse intellectuelle, et du secteur industriel, qui s’axent davantage sur la richesse matérielle.

Une maitrise qu’il place désormais au service de jeunes porteurs de projets dans le domaine des sciences du vivant pour les aider à concrétiser leurs idées.

« Quand on parle de nouveaux médicaments, de nouveaux diagnostics ou de la dépollution des eaux usées, on touche directement à la vie et au bien-être des gens. Je veux effectivement que WBC soit un acteur incontournable de l’utilisation des technologies au bénéfice de la santé et de l’environnement, au niveau wallon d’abord et à l’international ensuite. WBC participe à une spécialisation, et surtout une affirmation, de la Wallonie dans ce secteur hyper porteur » affirme clairement Serge Pampfer.

En effet, très tôt, la Wallonie a compris l’importance des biotechnologies et les opportunités qu’elles allaient offrir à ceux qui s’engouffraient en pionniers dans la brèche. Aujourd’hui, notre région est parmi les plus actives dans le secteur  stratégique des biotechnologies en Europe.

Créée en 2006 sous l’impulsion du Gouvernement wallon qui souhaitait proposer un encadrement spécifique et un coaching spécialisé aux porteurs de projets en biotechs, WBC a donc pour mission de développer et de pérenniser des entreprises innovantes et compétitives en Wallonie et de contribuer ainsi à son rayonnement au niveau européen. Management, financement, prototypage, production ou commercialisation… autant de domaines dans lesquels Serge Pampfer et son équipe apportent leur savoir-faire et guident des entrepreneurs et des porteurs de projets désireux d’impacter de manière significative le secteur de la santé et de l’environnement.

Entre ADN et Big Data !

WBC vient de fêter son 10e anniversaire, deux lustres durant lesquels de nombreux projets se sont concrétisés. Un peu plus de 40 sociétés ont été accompagnées, générant près de 200 emplois directs… une réelle fierté pour l’incubateur wallon qui est présent sur les trois sites associés ULG/ULB/UCL.

Serge Pampfer« Créer des jobs, assurément ! Mais la création d’emplois est un processus lent. Notre métier consiste à créer les bases de sociétés qui vont, à leur tour et une fois matures, créer de la valeur économique et industrielle. WBC se place donc tout au début de la courbe de croissance de ces sociétés. Celles-ci créeront effectivement des emplois directs et surtout indirects dans les secteurs adjacents comme la production et la logistique, mais c’est une projection à long terme. Notre raison d’être est de participer à la mise en place des conditions les plus favorables possibles pour permettre à ces sociétés d’effectivement consolider un tissu économique et industriel qui leur est collectif » explique le Directeur Général de WBC.

Les incubés de WBC prennent place dans un programme d’accompagnement individualisé d’environ six ans. Il s’agit de mettre en place un accompagnement à court terme, pour la gestion du quotidien des entreprises, mais aussi à long terme afin de pérenniser et de créer de la valeur économique sur la durée.

Le défi de la pertinence maximale de WBC se cache peut-être dans l’évolution numérique. Ces dernières années, les projets encadrés ont fortement évolué vers le ditigal avec l’apparition de produits et de services dématérialisés. Le constat est posé : « On glisse de plus en plus des biotechs biologiques vers les biotechs digitales. Si je peux me permettre cette image, l’évolution est désormais à mi-chemin entre l’ADN et le Data. Il s’agit donc pour nous de rester attentifs et de continuer à coller aux besoins et aux challenges de nos sociétés ».

A la rencontre de Serge Pampfer, Directeur Général de Wallonia Biotech Coaching.

Comment êtes-vous arrivé à la tête de WBC ?

Serge Pampfer« WBC (Wallonia Biotech Coaching) a été créée, il y a plus de 10 ans, pour répondre à la volonté politique de redresser l’économie wallonne à travers, notamment, le Plan Marshall et ses différents piliers. L’idée était de recréer un tissu économique et industriel wallon par l’exploitation des biotechnologies qui étaient déjà perçues comme un secteur très prometteur.

Pour prendre les rênes de cet incubateur, il fallait quelqu’un qui dispose d’une pratique des modèles de société émergentes mais aussi d’une réelle connaissance, voire d’une reconnaissance, scientifique. Avec mes expériences dans l’univers des start-ups et des spin-offs ainsi que ma carrière au FNRS et la quarantaine de publications scientifiques diverses que j’ai réalisées, je correspondais à ce profil recherché. Lorsque l’on m’a proposé la direction de WBC, j’ai rapidement accepté. »

Comment favorisez-vous l’innovation ?

Serge Pampfer« Je dirais que nous ne favorisons pas directement l’innovation mais nous participons plutôt à la mise en place et au fonctionnement d’un écosystème collectif qui favorise l’innovation et sa valorisation, voire, encore mieux, son exploitation au bénéfice des gens, qu’ils soient sains ou patients. WBC est un incubateur virtuel, nous ne possédons pas de bâtiments ou de laboratoires propres car nous nous positionnons clairement dans le segment business du processus de création d’un tissu industriel basé sur les biotechnologies.

Notre rôle n’est pas forcément d’être un moteur de l’innovation, il est surtout de permettre à la créativité et à l’inventivité de sortir de l’abstrait pour s’ancrer dans la réalité, dans l’applicabilité. Les jeunes entreprises que nous encadrons ont surtout besoin d’aide dans la finalisation, dans l’industrialisation et dans la commercialisation de leur produit ou de leur service. C’est là que WBC intervient. Dans le management et la gouvernance également… En fait, à travers notre équipe et notre large réseau d’experts, nous mettons à disposition des entreprises que nous coachons notre double expérience du secteur des biotechnologies et de la création d’entreprises. »

Quelle a été votre meilleure décision professionnelle ?

« Sans hésiter c’est d’avoir toujours suivi mon instinct en acceptant les opportunités professionnelles qui se présentaient à moi. J’aime à me considérer un peu comme un rebelle parce que je n’aime pas ce qui est cadré, dirigé ou « procédurisé ». La découverte scientifique échappe généralement à toute volonté de programmation et il en va exactement de même pour l’expression artistique.

En fait, je ne suis pas partisan des systèmes imposés qui vont trop souvent à l’encontre de la créativité et de l’inventivité. Mais, être un rebelle ne signifie pas qu’on ne soit pas responsable. Au contraire, un rebelle est quelqu’un de fondamentalement responsable ; s’il se place un peu en dehors d’un système, il doit en assumer la pleine responsabilité et les conséquences.»

A contrario, des regrets ?

« Oui… mais vraiment pas beaucoup ! C’est peut-être au niveau de ma formation que je nourris le plus grand regret. A mon retour des États-Unis, j’aurais dû faire un MBA qui m’aurait certainement donné plus de structure et d’assurance dans la partie financière du monde des affaires. Oui, un MBA après ma formation scientifique aurait été un plus. J’ai donc appris sur le tas, à la dure, et par des formations continues. J’aurais aimé apprendre le piano, aussi. Et garder un pied dans l’embryologie et la paléontologie. Mais il n’est jamais trop tard ! »

Des défis technologiques à relever ?

« Notre principal défi n’est pas directement technologique mais plutôt périphérique aux technologies et à leur évolution. Il s’agit pour WBC de conserver une vraie capacité d’éveil et d’adoption des technologies et de la connectivité. Nous devons obligatoirement rester accrochés au wagon des technologies, et je parle ici du wagon de tête, car l’essor digital est loin de s’achever. Il y a une accélération vers de plus en plus de produits et de services dématérialisés et donc de sociétés qui fonctionnent sur des fondements totalement différents d’avant. »

Votre phrase ou citation favorite ?

« Mon père me disait souvent qu’il ne faut jamais se tromper de combat et d’ennemi… Par là, il voulait me faire comprendre à quel point il est primordial de bien choisir ses objectifs et de ne pas se laisser distraire dans des fausses pistes et des mauvais choix. Mon père me répétait aussi qu’il ne faut jamais essayer d’être arrivé avant d’être parti. Inutile de préciser que mon père était un scientifique. »

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