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Une filière 100% belge de production de purin d’orties

Date de publication
29 juin 2017
facebook twitter LinkedIn Google Mail Agroalimentaire/Environnement/Technologie Print
Purin d'orties

Belgagri (Engis), qui remplace progressivement ses biocides chimiques par des produits naturels, noue un partenariat technologique avec Agripur (Sombreffe).

Le purin d’orties est un produit naturel qui évite d’utiliser les produits chimiques nuisibles à l’environnement tout en boostant les jardins et exploitations agricoles.

purin d'ortiesOn se souvient tous de notre première « rencontre » avec une ortie. Un mauvais souvenir qui s’explique par la faculté de cette urticacée à se défendre face à toute agression : ses feuilles, très dentelées, sont munies de poils urticants, sortes de minuscules ampoules ou dards contenant un venin proche de celui de certains serpents ou insectes. Bref ça pique ! Et pourtant, et on le sait depuis l’antiquité, cette « mauvaise herbe » présente plein de vertus : pour nos cultures, pour notre alimentation, pour les animaux…

La SA Belgagri (Engis) qui depuis plus de 20 ans conçoit, fabrique et commercialise des biocides destinés à lutter contre les « nuisibles » (rats, souris, insectes volants ou rampants…) dispose d’une gamme destinée aux professionnels de l’élevage ou de l’agriculture et d’une autre destinée à “Monsieur et Madame tout le monde“. Vous qui êtes confrontés quotidiennement aux problèmes liés à ces nuisibles tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des bâtiments. Des produits chimiques que l’entreprise de Vincent Samain remplace progressivement depuis deux ans par des produits plus naturels.

Belgagri développe un « purin d’orties » qui « booste » et protège jardins et exploitations agricoles par ses pouvoirs fertilisants (il active et régule la croissance des plantes, stimule l’activité biologique et microbiologique du sol, évite les carences en fer), sa qualité de « vaccin » (il renforce la résistance des plantes contre les maladies cryptogamiques (rouille, mildiou, oïdium) et d’insecticide (contre les pucerons et les acariens).

Jusqu’à présent, le purin d’ orties était produit en France et de manière artisanale. Mais, avec l’expertise d’une SPRL de Sombreffe, Agripur et de celle de Christian Marche, directeur honoraire du CTA de Strée, les choses vont changer.

Le produit qui sortira de l’unité de production de Sombreffe sera bien meilleur que son équivalent français. Stable, il ne pourra plus (re)fermenter dans son emballage et sera aussi sans odeur…

Pour sa part, Belgagri prendra en charge les certifications nécessaires ainsi que la diffusion commerciale de cette innovation.

Une unité de production sera installée à Sombreffe. Moyennant un investissement estimé entre 300.000 et 500.000 euros, elle devrait permettre la production annuelle de 500.000 litres de purin en 2018.

Un accord de partenariat technologique a été signé en ce sens entre les deux entreprises mardi 27 juin 2017. InnovaTech, qui accompagne les deux entreprises, y était. Nous avons en outre organisé la conférence de presse pour présenter cette filière pleine d’avenir.

Découvrez ce qu’en dit la presse: la RTBF, le 13h du JT de la RTBF, sur Bel-RTL, RTC, dans l’Avenir, dans La Meuse

Un partenariat d’Engis à Sombreffe avec la SPRL Agripur

purin d'ortiesGeorges Beguin, le patron d’Agripur et cofondateur de la société Agrortie produit, avec 2 autres agriculteurs, 11ha de culture d’orties sur Sombreffe et Incourt. Cette année, 4ha supplémentaires ont été plantés. Une exploitation professionnelle sans concurrence : s’il existe des entreprises agricoles, dont des coopératives, qui fauchent des « orties sauvages » sur des terres appartenant à des particuliers, Georges Beguin avec deux autres agriculteurs sont les seuls à exploiter ces « mauvaises herbes » en plein champ.

Ce n’est pas une sinécure. Plutôt envahissante à l’état sauvage, l’ortie s’avère très difficile à cultiver en plein champ. Exigeante, elle offre néanmoins de nombreuses vertus connues depuis l’Antiquité. « Il y a des tas de vitamines, des minéraux, du magnésium, beaucoup de fer et de protéines. Il y a presque autant de protéines que dans le soja » explique cet agronome.

Pour planter un hectare, il a fallu 7 hommes durant une journée. Et cultiver des orties, cela demande une vraie organisation: il faut trois ans pour obtenir une vraie première récolte.

Trois récoltes d’orties durant l’année

Et pour conserver toutes ses qualités nutritives, la récolte de l’ortie doit se faire de manière professionnelle. Trois récoltes ont lieu durant l’année. Une première en mai, une seconde en juillet et une troisième en septembre. Fauchée régulièrement, elle va refaire des rhizomes – la partie souterraine de la tige – et s’étoffer. Il faut quelques années pour disposer d’un champ bien étoffé qui aura beaucoup plus de tiges au mètre carré.

A peine fauchées, les orties sont séchées. « Cette étape va conditionner la qualité de la matière. Donc on ne peut pas la laisser trop longtemps humide parce qu’elle va fermenter et se dégrader très rapidement. Et du coup, on perdrait la matière nutritive », explique Georges Beguin.

Orties stockées en silos sous forme de farine ou de pellets

Déshydratée, l’ortie ne pique plus. Mais que peut-on en faire ?

purin d'ortiesD’abord des pellets pour alimenter les chevaux de compétition. C’est en effet un aliment complémentaire de premier choix pour les « cracks » des hippodromes. Un avis confirmé par les facultés vétérinaires. « Tous les chevaux adorent ça. Ils en mangent à chaque ration. Je sais que c’est très bon pour la circulation sanguine pour les chevaux d’un certain âge qui commencent à avoir un peu d’arthrose », explique ce cavalier professionnel.

En l’état actuel du circuit de production, l’ortie est récoltée, séchée, broyée et puis mise en pellets, en granulés. Aujourd’hui, les orties sont déshydratées en France, où on en produit 40 tonnes de pellets par an.

L’ortie est également bénéfique pour d’autres animaux. Des tests ont été réalisés à Gembloux pour en faire des compléments alimentaires pour les chiens.

Et en septembre, on essaie pour l’alimentation humaine – qui connait déjà les vertus de la soupe d’orties, des fromages et des pâtes aux orties – par l’intermédiaire d’un industriel flamand spécialisé dans les produits surgelés.

Et pourquoi pas le purin d’orties ?

purin d'ortiesLe purin d’orties est un produit naturel qui évite d’utiliser les produits chimiques. Il est le résultat de la macération spontanée et contrôlée de végétaux séchés ou frais dans de l’eau de pluie ou de source. « Il favorise la croissance, la floraison et la résistance aux nuisibles » explique Philippe Keyeux, directeur financier et marketing de Belgagri.

À l’heure où les préoccupations écologiques sont de plus en plus persistantes, où l’usage raisonné des pesticides s’impose à tout jardinier soucieux de préserver l’environnement, les préparations (macérations, décoctions, purins) à base d’orties, de prêle, de tanaisie, de consoude et de toute une kyrielle de plantes censées lutter contre les parasites végétaux, connaissent un succès grandissant.

Les purins retrouvent une place de choix dans notre façon de penser la protection de nos cultures.

En moins de 10 ans, la situation réglementaire et législative des produits phytosanitaires a sans cesse évolué avec l’objectif avoué de réduire de moitié l’utilisation des produits phytosanitaires de synthèse d’ici 2020. Tout récemment d’ailleurs, le purin d’orties a été approuvé en tant que substance de base par le Règlement d’exécution (UE) N° 2017/419 de la commission européenne du 9 mars 2017. Et son passage en droit belge ne devrait pas poser de problème, chaque acteur concerné faisant preuve de bonne volonté.

Un purin d’ orties « à la Belge » : histoire d’une rencontre

Purin d'ortiesGeorges Beguin et Vincent Samain supportent le même club de foot et leurs familles sont apparentées.
Assez naturellement, les deux hommes en sont venus à parler de purin d’orties. Cela tombe bien : Georges avait l’ambition de créer une petite usine de transformation des orties à Sombreffe tandis que Vincent développait sa gamme Protecta, utilisable en agriculture bio et qui développe notamment des purins d’ortie, de consoude, de prêles et de fougères. « On peut même mixer les purins pour améliorer encore leur efficacité » explique d’ailleurs Georges.

Lorsque Vincent a compris que Georges fournissait en outre ses cultures d’ orties aux Français de Protecta, les deux hommes se sont entendus pour « bypasser » les producteurs français et développer une filière 100% belge.

Georges Beguin se fait fort désormais de développer un procédé industriel à Sombreffe qui permettrait de réaliser 500.000 litres de purin d’orties chaque année. L’usine pourrait être opérationnelle pour la seconde moitié de 2018.

Un procédé industriel par ailleurs bien plus efficace que celui développé artisanalement par les Français. Il a été amélioré par Christian Marche, directeur honoraire du CTA de Strée, logé à la Ferme expérimentale de Strée. Christian Marche fut d’ailleurs l’un des professeurs de Vincent Samain.

Principale amélioration du procédé, déjà testé à petite échelle : il bloque le processus de refermentation qui donne au cubi sa « drôle » de forme. Ainsi stabilisé, le purin perd également son odeur agressive.

Des tests sont réalisés à Libramont sur des plants de pommes de terre, comme insecticide et fongicide. Pour protéger les plants, les agriculteurs couvrent en deux fois la pomme de terre d’huile paraffinique (agrée bio) et d’insecticide. Pourquoi l’huile paraffinique ? Pour empêcher que le dard du puceron ne s’enfonce dans la feuille et se propage à toute la culture. Pourquoi l’insecticide ? Pour évincer les pucerons. On remplace ici l’insecticide par le purin. Et cela marche !

Affaire à suivre…

Vous voudriez créer un partenariat technologique avec une entreprise innovante, un laboratoire de recherche ou un centre agréé? Ce n’est pas si simple. N’hésitez pas à prendre contact avec notre juriste et l’un de nos conseillers en innovation technologique: nous pouvons accompagner tout au long de cette étape.

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