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Valoriser les déchets de maïs et de colza jusqu’à leurs résidus ultimes

Date de publication
23 novembre 2018
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EXCornsEED

CELABOR participe au projet européen EXCornsEED portant sur l’extraction d’ingrédients fonctionnels à partir de résidus de bioraffineries.

ExcornseedVive les protéines végétales ! Avec l’engouement pour les régimes végétariens, la demande en protéines végétales pour l’alimentation humaine augmente en Europe. Elle grandit aussi pour l’alimentation animale, qui cherche à éviter l’utilisation de soja transgénique importé. Mais la production européenne de pois, de lentilles, de soja ou de colza, peine à suivre.

On les appelle les oléoprotéagineux. Certains sont riches en huile, comme le soja et le colza, tous sont riches en fibres et en protéines. Non seulement les régimes végétariens sont « tendance » mais l’usage de protéines végétales correspond aux préconisations des autorités de santé : 50% de protéines d’origine végétale, pour réduire les risques cardiovasculaires, ont contribué à leur faire une place toujours plus grande dans les assiettes des Européens. Pâtes colorées à base de légumineuses, houmous au pois cassés, desserts à base de soja et de féveroles.

Essor dans l’industrie agro-alimentaire

L’industrie agroalimentaire utilise aussi les protéines végétales comme ingrédients. Elles ont des qualités nutritionnelles mais aussi colorantes, et de texture. Après le soja, c’est au tour du pois, de la féverole, et du lupin, d’être incorporés dans les sauces des plats cuisinés, les biscuits, et jusque chez « l’ennemi » d’autrefois : l’industrie de la viande – dans les saucisses ou les burgers ! Le géant de l’industrie charcutière Herta vient même de créer une ligne de produits à base de céréales et de légumineuses.

Plan protéine de l’Europe fin 2018

Mais face à cet engouement pour les protéines végétales, les surfaces cultivées en Europe sont nettement insuffisantes.

Les agriculteurs attendent beaucoup du « plan protéine » européen. Il sera présenté par la Commission européenne d’ici la fin de l’année. Il s’agit de remédier à la dépendance aux importations, encore plus flagrante dans l’alimentation animale (70% à l’échelle européenne, 50% en France), essentiellement au soja transgénique d’outre-Atlantique.

Les agriculteurs espèrent que l’Europe soutiendra leurs efforts pour produire localement du soja, des pois, des féveroles. Et qu’elle continuera de soutenir le colza, dont le modèle économique repose autant sur le tourteau de protéines pour les animaux que sur l’huile transformée en biocarburant. Or la concurrence est redevenue frontale avec le biodiesel argentin ou asiatique, à base de soja ou d’huile de palme, autorisé à nouveau en Europe.

EXCornsEED : valorisation des déchets issus des agro-ressources

EXCornsEEDEn attendant la mise en place de ce vaste plan, l’Europe associée à la recherche académique, aux centres de R&D et à de grandes entreprises du secteur met les bouchées doubles pour exploiter ce qui peut encore l’être.

Le projet EXCornsEED, qui a démarré en juin dernier, s’inscrit d’abord dans la thématique des protéines. Il s’agit de valoriser les agro-ressources pour le développement de nouvelles sources de protéines végétales. L’objectif est de concrétiser les premiers résultats de la recherche fondamentale.

ExcornseedMais le consortium , qui réunit plusieurs partenaires industriels, travaille de manière plus générale sur les technologies liées à la bioraffinerie. L’objectif est d’assurer une valorisation complète des agro-ressources, y compris les déchets issus du bioraffinage : en cosmétique (stérols) notamment les crèmes anti-vieillissement avec les tocophérols et les caroténoïdes, les peptides et les acides aminés pour les compléments alimentaires et mais aussi la nutrition (speciality food) des seniors et des enfants en bas âge. L’idée est aussi de valoriser divers antioxydants tels que les polyphénols.

Résultats ? Des protéines destinées à l’alimentation des humains et des animaux, des stérols et des caroténoïdes pour la cosmétique et des produits à haute valeur ajoutée qui serviront d’ingrédients pharmaceutiques mais aussi pour la mise sur le marché de nouveaux standards analytiques.

EXCornsEED: 13 partenaires dont CELABOR

ExcornseedLe projet EXCornsEED rassemble 13 partenaires de 8 pays européens (Italie, Slovaquie, Roumanie, Espagne, Belgique, Suisse, Allemagne et Pays-Bas) et bénéficie d’un budget de 4,2 millions d’euros du Bio-Based Industries (BBI-JU) dans le cadre du programme Horizon-2020 de l’Union Européenne.

BBI, l’entité de financement du projet, est un partenariat public-privé (PPP) qui réunit la Commission Européenne et les grandes industries européennes liées à la bioéconomie (BIC). Elle dispose de son propre budget afin de mobiliser des projets, financés en partie par des capitaux privés et en partie par le programme-cadre UE H2020.

Le BIC (Bio-based Industry Consortium) regroupe des industriels (grandes entreprises, ETI, PME), des pôles d’activité, et des académiques (universités, centres de recherche) soit plus de 200 membres. L’objectif du partenariat public privé (PPP) BBI est de créer des nouvelles chaînes de valeur pour les bio-raffineries, et ainsi diminuer la dépendance de l’Europe envers les énergies fossiles en utilisant la biomasse.

Dans ce cadre, le projet EXCornsEED est soutenu par ENVIRAL, producteur slovaque de bioéthanol, filiale d’ENVIEN. L’entreprise a investi 2,2 millions d’euros dans le projet en plus des 4,2 millions de BBI.

L’Université de Rome Sapienza coordonne le projet avec notamment le soutien de CELABOR, Nutricia Danone (complément alimentaire et nourriture infantile) ou encore Dr Lauranne (produits cosmétiques).

Quel rôle pour le CELABOR dans EXCornsEED?

Le centre de recherche, qui a une grande expertise dans la concrétisation de projets BBI (4 projets actuellement en cours) – des projets pourtant très compétitifs puisque seuls 7% de ces appels sont acceptés – a pour mission d’assurer la mise en échelle des procédés développés en laboratoire pour passer à l’échelle pilote puis à l’industrialisation.

«La majeure partie de notre contribution, explique-t-on chez CELABOR, portera sur la phase qui suivra la mise à l’échelle pilote. Nous allons aider le groupe Slovaque à transférer ces résultats sur son site (design et innovation engineering). Le nouveau pilote devrait être installé chez l’industriel à la fin de l’année 2019».

ExcornseedTrois sous-produits générés par ENVIRAL à l’issue du bioraffinage (bioéthanol et biodiesel) vont être optimisés :
– Huile de maïs issue de la production de biodiesel
– Drêche (résidus du brassage) après production de bioéthanol à partir de maïs
– Résidu de production du biodiesel à base du colza

Objectifs : exploiter le maximum de constituants d’un déchet pour en augmenter la valeur et le profit. Et plus largement, arriver à extraire de manière exhaustive dans une démarche « zéro résidu ».

Actuellement, les drèches sont « valorisés » en incinération ou dans la nourriture animale. Et, en bout de chaîne, il reste des sels minéraux qui ne sont pas valorisés. «A l’issue d’un upcycling, on les réutilisera en bioraffinerie».

Plus d’infos:

Mahmoud Hamzaoui (mha@celabor.be)

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