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Vincent Battaglia, ce digital nomade qui aime coder pour des start-ups

Date de publication
10 mai 2017
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Vincent Battaglia Silicon Valley

Donnez-lui un ordinateur et une connexion, de San Francisco à Barcelone, le bonheur de cet hennuyer d’origine est d’être au démarrage de projets ambitieux. Sa dernière société, Ludus, a été officiellement lancée cette semaine. Interview de Vincent Battaglia, l’homme qui aime coder pour des start-ups.

Je suis convaincu que les écoles ne devraient pas nous former spécifiquement à un métier mais plutôt nous apprendre à apprendre.

De développeur de sites web à co-fondateur de start-ups : le parcours d’un touche-à-tout

Vincent BattagliaLicencié informaticien (Umons), Vincent Battaglia est vite devenu créateur de sites web pour des petits commerces. « Quand tu deviens licencié, tu dois devenir le boss de gradués codeurs, c’est ta trajectoire. Mais j’aimais coder ». Une passion qui l’anime toujours autant, en témoigne son blog.

Après avoir écouté durant une année les envies de sites des boulangers et coiffeurs, il décide de rejoindre une société de communication. Il sera intégrateur pour Emakina. Il travaillera en équipe avec des d’autres développeurs et designers.

Avec 3 autres employés, il quittera l’agence pour créer la sienne : 1MD. « On voulait plus de liberté sur nos choix créatifs ». Et la liberté de création paye, en intégrant pour la 1re fois  Facebook connect (ce qui vous permet de vous connecter à d’autres sites via votre compte Facebook) à l’un de leurs projets créatifs, l’agence de communication 1MD réalisera un joli buzz, et se fera même inviter à San Francisco par Facebook.

Vincent Battaglia ne rentrera pas de San Francisco. Il y restera d’abord pour la start-up Storify (une plateforme qui permet de regrouper les informations des réseaux sociaux pour en faire des histoires à partager) et puis ensuite pour Instaply.

Ces 2 start-ups pour lesquelles il a été présent dès le départ. « J’aime vraiment l’esprit touche-à-tout des start-ups et tous les challenges des montages de projets ».

D’Instaply à Ludus ou quand le montage d’un projet est euphorisant

Equipe InstaplyL’idée d’Instaply l’a directement épaté. Il s’agit d’un service qui propose aux clients d’envoyer directement des messages textes aux commerçants. En 2013, c’était révolutionnaire de faire du text customer service.  «J’ai rejoint l’équipe quand nous étions 3. Je suis passé de designer à développeur en terminant comme product manager. C’est très motivant de voir l’équipe grandir (15 actuellement) et lever des millions».

Après 3 ans et demi, Vincent Battaglia migre vers Barcelone pour ouvrir le bureau européen d’Instaply. Quand tout fonctionnait, il a décidé de quitter la société pour trouver de nouveaux challenges. Et ces challenges, il allait se les créer.

Il reste quelques mois consultant depuis Barcelone, histoire de financer ses futures idées. « Je n’ai besoin que d’une connexion, alors autant l’avoir au soleil ». Avec Lionel Cordier (son ancien co-associé de 1MD), ils se rendent compte que certains utilisateurs ont des frustrations avec les logiciels de présentation type Powerpoint, Google slides ou encore Keynote. C’est partant de ce constat qu’ils décident de créer Ludus.

Ludus logoSortie cette semaine, la plateforme Ludus est orientée pour les designers ou agences qui souhaitent réaliser des présentations pour des clients. (Pour l’avoir testée, cette plateforme permet de réaliser des présentations graphiquement plus abouties).

L’ambition ? Attirer un maximum de premiers clients pour financer la suite du projet et qui sait, concurrencer Apple, Google et Microsoft.


Quels conseils pour les PME wallonnes innovantes ?

Je leur conseillerais de s’ouvrir rapidement à l’international (voir notre article sur l’exportation). Ça ne veut pas forcément dire qu’il faut se délocaliser aux USA ou à un endroit plus propice pour l’entrepreneuriat, mais juste avoir une stratégie internationale assez rapidement, et de préférence dès le début.

En Belgique, on est trop humble. On a les capacités mais pas la mentalité. En prenant des noms de domaines en .be par exemple, on prouve parfois son manque d’ambition (du moins si la start-up n’est pas obligatoirement liée à la Belgique). Il faut se fixer des objectifs très ambitieux quitte à ne pas les atteindre complètement.

Aux Etats-Unis, on dit presque aux enfants «Essaye de devenir président». En Belgique, on a parfois une mentalité de «checklist» : d’abord un bon diplôme, puis un bon job, puis un enfant…

Etre employé d’une société depuis 10 ans ne signifie plus d’avoir une sécurité d’emploi. Il n’y aura pas d’emplois pour tout le monde dans les prochaines années. Ce qui pourra garantir la sécurité d’emploi c’est d’être agile, d’avoir des compétences variées et un bon réseau.

La Wallonie peut-elle devenir un hub technologique comme la Silicon Valley ou Barcelone ?

Je pense que nous ne devons pas être obnubilés par la Wallonie qui veut devenir un hub technologique. Chaque jour j’ai l’impression de voir une nouvelle structure (incubateur, coworking,…) se créer. Il y aura bientôt plus de personnes qui aident les start-ups que de personnes qui créent des start-ups. On met en place une culture de « l’assistanat entrepreneurial » alors que les entrepreneurs qui réussissent sont ceux qui arrivent à se débrouiller seuls.

Je n’ai pas de réponse toute faite pour « comment la Wallonie devrait faire ». Mais je sais que la taxation est un réel problème. Notre pays protège bien les employés, un peu moins les employeurs. Quand j’ai dû lancer ma boite, en Belgique, pour créer une SPRL, je devais débloquer directement 6.200 euros. Pour la créer aux Etats-Unis, il me fallait 500 euros et un smartphone.

Le nombre de digital nomades est en croissance constante. Je reste convaincu que la localisation va avoir de moins en moins d’importance dans le futur.

D’ailleurs pour Ludus, nous sommes à 4 sur le projet, je travaille depuis Barcelone et ça ne m’a jamais posé de problèmes. J’utilise www.appear.in si je veux discuter avec mes associés ou encore Google Drive pour partager des fichiers ou Slack pour échanger.

Quelle a été votre meilleure décision professionnelle ?

D’avoir décidé de quitter la Belgique pour tenter l’aventure dans la Silicon Valley.

Quand je suis arrivé à San Francisco, je me suis vraiment senti en dessous par rapport au talent moyen local, alors que j’étais considéré comme faisant partie du top dans le domaine du web en Belgique. J’ai dû apprendre énormément et très vite pour être à niveau, bien aidé par toutes les personnes talentueuses que j’ai pu côtoyer. Une belle remise en question et l’acquisition d’un réseau international qui va probablement m’aider encore bien longtemps.

Et quel est votre regret professionnel ?

J’ai assez peu de regrets car j’ai toujours fait ce que je voulais faire. J’ai pris des risques qui se sont avérés payants avec le recul.  Mais j’aurais aimé avoir une expérience dans une grande boite technologique de la Silicon Valley (par exemple Google, Facebook ou Apple). Je ne sais pas si ça m’aurait plu car j’aime les petites structures et la liberté de mouvement illimitée mais avoir un nom de ce calibre sur son C.V. ouvre beaucoup de portes.

Quel est votre dernier défi technologique en date ?

Le gros défi c’est de pouvoir rester constamment à jour par rapport à la technologie. La plupart des outils et technologies que j’utilise pour mon dernier projet, Ludus, je ne les connaissais pas il y a un an. J’ai dû apprendre sur le tas.

Le plus important est d’être en veille constante, de pouvoir facilement s’adapter, et d’apprendre de nouvelles choses en un temps record. Je suis convaincu que les écoles ne devraient pas nous former spécifiquement à un métier mais plutôt nous apprendre à apprendre.

Une citation préférée ?

Anyone who isn’t embarrassed by who they were last year probably isn’t learning enough. (Alain de Botton)

J’ai parfois honte de relire certains de mes écrits. Nos convictions changent : avoir honte du passé n’est pas une mauvaise nouvelle par rapport au passé mais une bonne nouvelle par rapport au présent.

 

Vincent Battaglia sera en Belgique (Mons)  le 24 mai pour donner une conférence durant la Semaine de la Créativité. Thème : « A quoi l’entreprise du futur ressemblera : quel sera son impact sur nos vies et la société de manière générale ? ». Inscrivez-vous
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