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L’art de simplifier des informations scientifiques et technologiques

Date de publication
25 avril 2019
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Einstein vulgarisation

Il n’est pas toujours facile de se faire comprendre surtout lorsqu’il s’agit d’expliquer des innovations technologiques. On vous le répétera souvent : simplifiez et entrainez-vous. Certains arrivent à expliquer leur thèse en 3 minutes, c’est le concours « Ma Thèse en 180 secondes ». Alors, comment on s’y prend pour vulgariser et mieux expliquer ?

La nécessité de vulgariser l’information scientifique

La vulgarisation scientifique remonte au 16ièmesiècle avec l’apparition des cabinets de curiosités où étaient exposées des « choses rares, nouvelles et singulières ». Son objectif était d’informer les citoyens sur les évènements scientifiques. Mais seuls les évènements qui faisaient sensation étaient pris en compte. Un exemple ? L’homme marche sur la lune en 1969. À l’époque, on ne représentait que les sciences auxquelles le public s’intéressait.

Quel est l’intérêt de vulgariser ?

Sarah Thielens - Chargée de communicationIl n’est pas facile pour un citoyen lambda de comprendre la fonction d’un produit technologique et innovant. Selon Sarah Thielens, chargée de communication chez InnovaTech, il est important de faciliter la compréhension de son produit/service pour qu’il soit compris par un public le plus large possible. « Chaque année nous mettons une soixantaine d’innovations technologiques en lumière lors d’une soirée et dans un catalogue, et dans 80% des cas, les informations textuelles que je reçois sont incompréhensibles. Parfois, on me dira que la cible de la société est très spécifique et que cette cible comprend l’information… Vous savez quoi?  Il y a 90% des gens qui font semblant de comprendre.

On ne sait jamais qui peut avoir une influence sur notre entreprise (un investisseur, un journaliste, un manager…). « De manière générale, je préfère être simple et retenue pour être relayée ».

Mais comment on s’y prend? « C’est vrai que tout le monde n’est pas communicant, le meilleur conseil que je donne « Expliquez à un enfant de 8 ans », ça oblige de simplifier. Ou encore « Inspirez-vous des success stories des plateformes de crowdfunding ou regardez une pub iPhone, ils n’expliquent pas les milliers de composants et toutes les fonctionnalités dans le détail, c’est pourtant un bijou de technologie ». 

Francesco Lo Bue diffuse les sciences et technologies avec passion

VulgarisationPour Francesco Lo Bue (UMons), le mot « vulgariser » n’est pas très beau, le terme traduit de l’anglais « populariser » est plus agréable à l’oreille et plus approprié « On effectue des recherches dans les laboratoires avec de l’argent public, il est indispensable de rendre en quelque sorte des comptes au public en expliquant d’une manière agréable et efficace ce que l’on y fait/découvre/recherche. Finalement, vulgariser est un peu un devoir de citoyen que tout un chacun devrait appliquer. Même un médecin lorsqu’il rencontre son patient ou encore l’administration quand elle nous envoie du courrier ».

Jeune, il s’est intéressé aux sciences grâce à ses professeurs. En tant que curieux insatiable, il voulait tout découvrir, tout comprendre et surtout, partager ses nouvelles connaissances. C’est de cette manière qu’il est devenu un diffuseur passionné et passionnant.

Est-ce inné de vulgariser? Avec des parents parlant un mélange de français/italien, il a été obligé très tôt de simplifier ses propos et de choisir des mots compréhensibles. Aimant partager sa passion, c’est avant tout une envie que de vouloir transmettre. « Vulgariser c’est aimer partager, c’est une émotion ». Enfin, son esprit précis et méticuleux en fait un expert de confiance qui aura compris tous les détails pour en retenir et partager l’essentiel.

Trois minutes pour être convaincant.e sur sa thèse avec une seule diapositive

Une thèse, c’est quatre à sept années de travail ardu. Et avec le concours « ma thèse en 180 secondes », les doctorants doivent l’expliquer en trois minutes, pas une minute de plus. C’est-à-dire ? Informer le public des recherches scientifiques avec un exposé vulgarisé en français clair et concis.

Pour la petite histoire, la compétition vient d’Australie, elle est appelée « Three minute thesis (3MT®)« . Elle a eu lieu pour la première fois à l’université du Queensland en 2008. Elle se tient dans plus de 200 universités à travers le monde.

La compétition se déroule chaque année en Belgique dans six universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles : l’ULB, l’ULiège, l’USL-B, l’UNamur, l’UCLouvain et l’UMons.

L’Université de Mons a sélectionné ses trois finalistes le 30 mars dernier et c’est Élodie Deprince qui a remporté le prix du public. Elle vient de la faculté Warocqué d’Economie et de Gestion.

  • Le titre de sa thèse est : « L’internationalisation des PME au travers des réseaux sociaux numériques. »
  • Son titre vulgarisé est le suivant : « Facebook, Twitter et les autres… La PME à 2 clics de l’international. »

Vulgarisation
Elle participera à la finale inter-universitaire le 22 mai 2019. « Participer à ce concours est un exercice très enrichissant pour synthétiser sa recherche doctorale. Pendant un gros mois, je me suis préparée avec différents coachs pour être plus à l’aise avec la prise de parole et l’humour.

Nous avons fait des exercices de diction ainsi que des exercices de détente pour paraître moins stressés lors de la prise de parole. J’ai surtout appris que c’était loin d’être facile de vulgariser une thèse, car nous sommes tous les jours dedans, tout nous paraît clair… Ce qui n’est pas toujours le cas pour notre entourage». Quant à son atout majeur pour remporter la finale inter-universitaire, elle répond : « Mon dynamisme et ma facilité de prendre la parole en public. »

Francesco Lo Bue était organisateur et coach de cette compétition montoise « Pour les doctorants c’est une corde en plus à leur arc que d’apprendre à vulgariser, les futurs employeurs sont soucieux de cette ouverture d’esprit. On y a vu des progrès impressionnants et l’aventure humaine est passionnante ».

Le coaching était organisé par les vulgarisateurs de l’UMons pour l’aspect scientifique des propos et par des comédiens pour toute la gestuelle, la gestion du stress, la prise de parole… En coaching, Francesco Lo bue rappelle la nécessité d’être simple mais correct, si un scientifique est dans la salle, il ne doit pas se dire qu’à force de simplifier les propos ça en deviendrait incohérent. Cela s’apprend en utilisant des adverbes, le conditionnel… Mais surtout, il est nécessaire de raconter une histoire à son public en faisant le tri entre l’essentiel et l’accessoire. 

Les lauréats du concours belge se déplaceront à Dakar, au Sénégal en septembre 2019 pour participer à la finale internationale.

Des experts de la vulgarisation scientifique

c'est pas sorcierTout le monde connaissait l’émission de Fred et Jamy « C’est pas sorcier » qui est restée à l’écran pendant 21 ans. Pour Francesco Lo Bue, ce sont des références en vulgarisation qui ont d’ailleurs été faits Docteurs Honoris Causa par l’UMons en 2011. Aujourd’hui, Fred et Jamy ne travaillent plus ensemble. Chacun ayant sa propre émission. Jamy anime « Le monde de Jamy », une émission de télévision documentaire. Frédéric, quant à lui, anime « L’esprit sorcier », un magazine télévisuel de vulgarisation scientifique.

Sans oublier, chez nous, l’émission de vulgarisation Matière Grise diffusée sur la RTBF.

Autre vulgarisateur que Francesco Lo Bue a apprécié à 15 ans et rencontré à 40 ans, c’est Hubert Reeves. On est dans l’univers de l’astronomie mais sa manière d’exprimer les informations avec clarté, précision et poésie l’ont marqué.

C’est maintenant sur Youtube que l’on rencontre certains des meilleurs vulgarisateurs

Véritable référence dans le milieu de la vulgarisation scientifique sur YouTube, Bruce Benamran propose des vidéos comme : « 10 choses à savoir sur l’univers » ou encore « la superposition quantique ». Sa chaine YouTube, e-penser a totalisé plus de 80 millions de vues. On peut y apprendre le fonctionnement du corps humain ou encore la physique nucléaire sans se prendre la tête d’e-penser à longueur de journée.

DirtyBiology est une chaîne similaire à la précédente, mais en un peu plus décalée. On y trouve des vidéos scientifiques traités de manière humoristique. L’objectif est de partager un maximum pour répandre son savoir avec légèreté. Une chaîne qui plaît à pas mal de gens puisqu’elle comptabilise régulièrement 500K vues par vidéo.

Docteur en physique, David Louapre tient une chaîne Youtube qui se nomme « Science étonnante« . À travers ses vidéos, il aborde des sujets comme « Les technologies de communication quantique » ou encore « un électron peut-il (vraiment) être à 2 endroits à la fois ? ». Des vidéos amusantes et stupéfiantes qui ont été vues plus de 37 millions de fois.

Vous aimez les faits chiffrés? Vous allez adorer les vidéos de la chaine Youtube Data Gueule. 

Depuis sa création en 2001, Futura s’est imposé comme un grand média français du décryptage de l’actualité et du savoir scientifique. Retrouvez toutes leurs vidéos en ligne.


Vous travaillez sur des sujets technologiques/scientifiques et vous avez besoin de vulgariser votre innovation ? Contactez-nous, nous pouvez vous aider. Et rendez-vous à la finale inter-universitaire de « Ma thèse en 180 secondes » le 22 mai 2019 au théâtre Royal de Mons.

 

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